L'HEURE DU CONTE : TOUTE UNE HISTOIRE !
Les habitants de Bourg-Pol m'on dit...!
Tout le monde en convient, Bourg-Pol est un bien joli quartier de Muzillac, lové contre les coteaux du site de Pen Mur. Cependant, l'on raconte volontiers à l'étranger de passage (je suisnatif du quartier du Landy) que de bien curieux phénomènes se déroulent la nuit sur la lande toute proche !
Ainsi, le jeune Fanch Le ..., vigoureux sonneur de biniou du quartier, à été victime, la semaine passée, d'un fait peu banal ! Alors qu'il rentre d'un "fest-noz" par les sentiers du plateau de la Grée des chouans, une bande de curieux petits hommes lui tombe littéralement dessus! Des poulpikans! Fanch en avait bien entendu parler par les anciens du bourg, mais il n'en avait jamais vu, des légendes que tout cela ! pensait-il.
Pour l'heure, notre Fanch tremble comme une feuille. Un vieux Poulpikan, sûr de lui, à la barbe en pointe, s'approche du jeune homme en ricanant, il semble être le chef.
-Tu es bien imprudent de venir, ainsi, perturber nos réjouissances nocturnes ! Puisque tu es là, partage nos jeux, continua le lutin. Nous en étions aux menteries, ainsi, trois d'entre nous vont raconter des histoires de nains, à toi de juger lequel sera le plus vantard. Seulement souviens-toi de ceci " Per gwirion n'eo ked mad laret !" (toute vérité n'est pas bonne à dire !) comme vous ditesà Bourg-Pol !
Aussitôt, le premier Poulpikan commença :
- Ne cherchez pas ! Je suis le plus petit. Et c'est de famille ! Mon père passait sous le poitrail d'un cheval sans avoir à se baisser !
Ses frères l'applaudirent comme il se devait
Le deuxième était déjà plié en deux par le fou rire :
- Eh bien moi, mon père était plus petit encore ! Pensez un peu, d'une niche à chien il s'était fait une demeure de cinq pièces !
On l'applaudit tout autant.
Vint le troisième concurrent :
- Quelle chance vous avez tous les deux d'avoir connu vos pères !
Le mien est mort bien avant ma naissance. C'est ma mère qui m'a appris qu'il s'était tué en tombant d'une échelle alors qu'il cueillait des fraises dans un jardin à Bourg-Pol
Alors ? Lequel a le plus exagéré ?
Livide, au bord de l'évanouissement, Fanch trouve l'ultime ressource de répondre :
- Pas plus l'un que l'autre, car toute vérité n'est pas bonne à dire !
Satisfait de la réponse du jeune sonneur, le chef des Poulpikans laisse celui-ci regagner Bourg-Pol.
Fanch file bien vite, sans demander son reste. Le lendemain, le sonneur contait à qui voulait l'entendre sa fabuleuse histoire, Une fois de plus, les tavernes du petit bourg étaient bien animées!